Qu’est-il
arrivé à la grand reprise des dépenses en TI qui
était supposérendre 2004 une année prodigieuse
pour l’industrie des TI? La
théorieétait que les niveaux de dépenses record
dans tous les domaines de TI pourl’an 2000, lesquels étaient
suivis par une baisse importante après le «non-événement»
et le ralentissement économique ultérieur en Amérique
du Nord,étaient dus pour une résurgence cyclique.
À
l’appui de cette théorie, on citait le fait que la technologie
moderne aune durée de vie utile typique de quatre à cinq
ans et que le dernier trimestrede 2004 marquerait la fin de la cinquième
année du cycle. Pourtant, unsondage d’Ipsos-Reid publié
en juin 2004 a révélé que les sociétés
canadi-ennes ne prévoient pas dépenser davantage en TI
pour 2004 ou 2005 qu’ellesne l’avaient fait en 2003.
Le sondage prévoit que, comparativement aux 46,7 milliards de
dollarsdépensés en 2003, il y aura en fait une baisse
de 5,6 % des dépensesprévues au Canada pour 2005 et que
les stratégies utilisées par les four-nisseurs afin de
combattre cette tendance détermineront le niveau de leurrevenu
au cours des deux prochaines années.
Le
paysage a changé
La
consolidation semble être la réponse courante des fournisseurs
face à lachute des revenus. HP et Compaq ont changé le
marché des matériels;PeopleSoft et J. D. Edwards ont éliminé
un puissant concurrent dans ledomaine des logiciels de PRO (planification
des ressources de l’organisation);IBM et PWC, KPMG Consulting
et Bearing Point et autres ont éliminé un cer-tain nombre
de concurrents dans le secteur des services.
Un rapport de Gartner Group en 2003 avait prévu qu’une
consolidationmassive des fournisseurs était inévitable
et que dans plusieurs secteurs, lepouvoir reviendrait aux mains des
vendeurs. Gartner avançait que 50 à 60 %des quelque 2300
entreprises de logiciels cotées en bourse étaient de trop
etque vers 2005 la consolidation créerait un oligopole constitué
d’un nombrelimité de fournisseurs.
Ainsi, les dépenses en TI chutent, les fournisseurs consolident
leur force, cequi aura certainement des conséquences pour les
négociations futures en TI.Dans les secteurs où les produits
se superposaient, les options sont en coursd’être éliminées.
Là où ils ne se chevauchaient pas, des services additionnelssont
ajoutés et viennent augmenter l’offre d’un nombre
restreint de fournisseurs,ce qui crée des arrangements commerciaux
de plus en plus complexes.
Les clients ont besoin d’une stratégie dont les résultats
peuvent êtremesurés, améliorés et reproduits.
En ma qualité de négociateur stratégique etancien
élève de l’école de vente d’IBM, j’étais
fortement sensibilisé non seulement à la stratégie
de vente formelle, écrite et bien documentée d’IBM,
maisaussi à leur approche par étape pour exécuter
cette stratégie. En fait, c’estgrâce à mes
connaissances de la stratégie et des processus du vendeur quej’ai
pu, dans ma vie professionnelle après IBM, aider bon nombre de
clients àétablir une stratégie proactive et un
processus de négociation avec lesvendeurs d’une manière
équitable et avantageuse pour les deux parties.
Les
tendances changeantes du marché des TI affectent-elles la stratégiede
vente des fournisseurs? Dans ce cas, un changement de la stratégied’achat
est aussi requis. Selon un sondage effectué en août 2002
par Think!Inc., 95 % des organisations vendeuses de TI participant au
sondage avaientune stratégie de vente écrite et communiquée
à titre formel. Parmi celles-ci,85 % avaient un processus par
étape pour exécuter cette stratégie.
Par
contre, quand il s’agit de stratégie de négociation,
j’étais surpris delire que «82 % n’avaient
pas de stratégie de négociation écrite et commu-niquée
à titre formel, et que 81 % n’avaient pas de processus
par étape pourexécuter cette stratégie.»«Malgré
l’immense impact de la négociation tant sur la manière
dont unesociété est vue sur le marché que sur ses
résultats financiers, elle est souventeffectuée de façon
tactique et réactive au lieu d’être proactive et
axée sur lesprocessus.
Ajustez
la stratégie
Pour
faire face à une stratégie de vente efficace, le bon sens
suggérerait quel’on adopte une stratégie d’achat
efficace. De nombreux professionnels dans ledomaine de l’approvisionnement
ont appliqué les enseignements de Fisher etUry à ce sujet
depuis leur publication en 1981. Ceux-ci nous ont appris l’im-portance
de nous concentrer sur les questions à résoudre, et non
pas les posi-tions à prendre, d’insister sur l’emploi
de critères objectifs et de toujours avoir«une meilleure
solution de rechange pour une entente négociée»
(MSR).
Cette
même stratégie peut-elle encore être efficace aujourd’hui,
dans unenvironnement où les dépenses en TI sont à
la baisse, où les ententes ànégocier sont plus
complexes, et où les vendeurs ont consolidé leurs forceset
utilisent un processus de vente qui peut être reproduit, mesuré
et amélioréalors que la plupart des clients n’ont
aucune stratégie correspondante?